Le chiffre 14 ne résonnait pas jusqu’ici que dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Depuis 2022, il bouleverse la vie des entreprises, des services publics et des personnes immigrantes au Québec. Désormais, il ne suffit plus de maîtriser l’anglais pour décrocher un poste : chaque employeur doit prouver, documents à l’appui, que l’exigence de l’anglais est fondée. Les exceptions, rares et strictement encadrées, n’épargnent que certains services ou situations très précises. Les écoles, les contrats de travail, les rapports avec l’État : tout l’édifice a été repensé.
La loi 14 (projet de loi 96) : un tournant pour la langue française au Québec
Le projet de loi 96 ne se contente pas de quelques ajustements à la Charte de la langue française. Il la transforme en profondeur. Héritière de la loi 101, cette réforme s’attaque aux réalités actuelles et redistribue les cartes de la langue commune au Québec. Tout converge vers un objectif : placer le français au centre de la vie collective, de l’administration à l’économie, en passant par l’éducation et la justice.
L’intention du législateur ne laisse pas place au doute : affirmer la place du français langue commune pour tous les citoyens. Les documents officiels, les échanges avec l’administration et les communications publiques devront se faire en français, sauf dérogations clairement balisées par la loi. Les entreprises, quant à elles, voient la francisation Québec s’étendre à de nouvelles sphères de leur activité.
Pour mieux cerner la portée de ces changements, voici les principaux nouveaux axes d’application :
- Les contrats d’adhésion et la documentation destinée aux employés doivent d’abord être rédigés en français.
- L’Office québécois de la langue française se voit confier un pouvoir de contrôle et de suivi accru.
- L’accès aux services en anglais pour les nouveaux arrivants est limité, le français langue de travail s’imposant comme norme.
Il ne s’agit plus d’ajouter un logo ou de traduire un formulaire. Ce nouveau texte revoit en profondeur la notion même de langue commune au Québec. Le français s’impose désormais comme pivot, aussi bien dans la sphère publique que dans les échanges privés. Cette réforme marque une nouvelle étape dans l’histoire linguistique du Québec, en redessinant les contours du vivre-ensemble autour de la langue française.
Quels changements concrets pour les entreprises et les organismes ?
Portée par le projet de loi 96, la réforme impose de nouvelles règles à toutes les entreprises et organismes québécois. Finies les tolérances sur l’affichage ou la publicité : désormais, la langue française structure l’ensemble des documents de travail, des contrats et des communications internes. Rédiger un contrat d’adhésion ou un contrat individuel de travail en français n’est plus une option mais une exigence, sans possibilité de restriction ou de version étrangère prioritaire. Pour les personnes morales, cela implique de garantir l’accessibilité de la version française, sans conditions limitatives.
Autre nouveauté majeure : le processus de francisation s’étend désormais aux entreprises de 25 à 49 salariés. Cela suppose d’ajuster tous les documents liés à l’emploi, à la formation et à l’organisation interne. L’Office québécois de la langue française (OQLF) voit ses missions élargies : il accompagne, contrôle et, le cas échéant, sanctionne les manquements.
Pour clarifier les principaux points à surveiller, voici les obligations introduites :
- L’affichage public et commercial doit mettre en avant le français, de manière visible et prédominante.
- Les emballages et publicités doivent privilégier le contenu francophone.
- Les services de l’État s’expriment en français, sauf exceptions prévues pour la santé et la justice.
Le respect de ces règles ne relève plus d’un simple engagement moral. Les sanctions prévues ont des répercussions directes : amendes, suspensions, blocages administratifs. Les dirigeants d’entreprise n’ont plus le choix : intégrer la francisation Québec devient une condition incontournable pour préserver la réputation et le fonctionnement de leur organisation.
Personnes immigrantes : ce que la réforme implique pour votre quotidien
La réforme du projet de loi 96 redéfinit totalement la place du français dans la vie des nouveaux arrivants. Le Québec érige le français langue commune en pilier de l’intégration, que ce soit sur le plan social, professionnel ou administratif. Dès leur arrivée, les personnes immigrantes disposent de six mois pour suivre un parcours d’initiation linguistique offert par les services publics. Une fois ce délai passé, toutes les communications officielles se font en français, sauf exceptions limitées au domaine de la santé ou de la sécurité.
Impossible donc de contourner la francisation Québec. L’intégration professionnelle, l’accès à certains services, la scolarisation des enfants ou la reconnaissance des diplômes : tout dépend désormais de la maîtrise de la langue française. Pour obtenir certains documents ou accéder à des emplois, il faut prouver sa capacité à évoluer dans un environnement francophone.
Voici ce que cela implique concrètement pour les nouveaux arrivants :
- Les services gouvernementaux communiquent en français, à l’exception des personnes issues des Premières Nations ou du Canada anglophone.
- Les échanges avec l’administration, qu’il s’agisse de démarches de santé ou de logement, privilégient le français.
Loin d’exclure, le Québec propose d’accompagner chaque personne immigrante dans cette transition. L’offre de cours de français s’élargit, tout comme les mesures de soutien proposées par francisation Québec. Les attentes sont élevées, le cap est clair : le français s’affiche comme la clé du quotidien et de la pleine participation à la société québécoise.
Adapter ses pratiques : comment se préparer aux nouvelles obligations linguistiques
Mettre en œuvre le projet de loi 96 suppose un véritable changement de culture pour toutes les organisations. Petites ou grandes, elles doivent revoir leurs processus internes. Désormais, chaque document de travail, chaque note, chaque communication doit être rédigé en français. L’OQLF (office québécois de la langue française) intensifie ses contrôles : la version française devient la référence, les versions anglaises ne servent plus qu’en appui, jamais en premier choix.
L’adaptation touche aussi la gestion du personnel. La maîtrise du français s’impose comme critère pour l’embauche, la formation et la progression interne. Les équipes RH doivent recenser les besoins, organiser des ateliers, accompagner la montée en compétence des salariés. La conformité linguistique n’est plus accessoire : elle structure désormais la vie professionnelle.
Pour se préparer efficacement à ces nouvelles obligations, il convient de suivre plusieurs étapes concrètes :
- Vérifier que tous les contrats, qu’ils soient individuels ou d’adhésion, sont rédigés en français.
- Contrôler que l’affichage, les emballages et la publicité respectent la langue officielle.
- Adapter les procédures de recrutement pour intégrer la maîtrise du français dans les critères d’embauche.
Impossible de laisser la conformité linguistique au hasard. Francisation Québec propose des outils pratiques, des guides, des formations sur mesure pour faciliter la transition. Les sanctions prévues rappellent l’enjeu, mais la transformation dépasse la simple conformité réglementaire. Il s’agit d’ancrer la langue française au cœur de chaque interaction professionnelle, pour faire du français le véritable moteur de la vie collective au Québec.


